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04.02.2008
L’Europe relance son moteur, et pense à l’énergie
L’Union Européenne ne se résume pas au débat institutionnel. Pendant les ratifications nationales, l’action européenne continue.
Le 23 janvier, la Commission européenne a rendu publique une directive qui, de l’aveu unanime, est peut-être plus importante que beaucoup d’autres. Elle est importante par ses effets politiques, elle l’est aussi parce qu’elle répond sans détour à un souci présent chez la plupart des citoyens : l’entrée (enfin) des énergies renouvelables dans nos usages quotidiens.
L’Union devait faire quelque chose dans ce domaine. Les raisons sont nombreuses :
- L’Europe est formée de nations dont les mœurs et les habitudes de consommation ne se distinguent guère, et dont les ressources énergétiques sont (depuis peu) semblables dans la faiblesse. Sans parler de la Norvège, remarquons que l’électricité nucléaire est pour le coup une véritable « exception française » : elle ne doit pas cacher les ressemblances fondamentales avec nos voisins proches ou moins proches.
- L’Europe est l’échelon pertinent pour les négociations énergétiques au niveau mondial. Les tentatives de cavalier seul sont une tentation permanente pour les pays qui peuvent se le permettre, mais à plus long terme, au moment des ultimes difficultés, elles ne feront que rendre leur dépendance énergétique inextricable : les pays fournisseurs d’énergie qui aujourd’hui apparaissent providentiels pourraient alors présenter un tout autre visage. Mais c’est là une controverse dans laquelle nous n’entrerons pas.
- Ce qui est indiscutable, en revanche, c’est que les problèmes de pollution ne connaissent pas les frontières nationales, pas plus que les réseaux d’approvisionnement (EDF en a fait l’amère expérience l’année dernière).
- D’ailleurs, il y a une question de masse critique : le progrès vers des énergies propres sera réel si un maximum de pays s’y attèlent dès maintenant. Les Etats-Unis comprennent très bien cet effet de masse, mais la promotion des énergies renouvelables n’y fait l’objet que d’initiatives isolées, comme celle de l’Etat de Californie. Sur ce point, l’Union Européenne remplit son devoir de façon exemplaire. Il faut le souligner.
11:50 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Commission européenne, énergie



Commentaires
C'est la raison pour laquelle, entre autre il est nécessaire d'inscrire la question du passage aux énergies renouvellables comme l'une des politiques de cohésion de l'Union.
Le débat est très sensible en région de l'opposition liée aux stratégies nationales, mais aussi suite aux nouvelles orientations souhaitées par la Commission en matière d'agriculture.
Or combien de crédits sont aujourd'hui accordés au tissu des PME et dans l'innovation?
L'Europe doit prendre un temps d'avance notamment sur l'écologie auquel cas le maintien d'un Euro trop fort nous rendra dépendant de certains pays producteurs au point de renforcer des crises diplomatiques ( avec la Russie notamment).
La seule question qui vaille c'est avant tout de savoir si la constitution de grands groupes à l'échelle mondiale est compatible avec les règles de la libre concurrence.
On le voit bien dans le domaine de l'électricité et de l'enjeu nucléaire où malgré l'arrivée de nouveaux prestataires de service( pour la distribution aux particuliers), il existe un certain "droit" que ne renie pas d'ailleurs la Commission au titre des Services d'Intérêt Economiques
Ecrit par : fred | 13.03.2008
Il s'agit également de choisir les orientations énergétiques de l'Europe (éolien ? solaire ?...), de prévoir un plan de financement sérieux, bien construit et à long terme, en utilisant par exemple le principe du PPP, et se donner des objectifs communs au sein de l'Europe.
Néanmoins, il est à noter que nous ne sommes pas tous à la même enseigne, et que certains pays ont déjà à résoudre un grave problème d'infrastructure énergétique. L'exemple le plus frappant est la Catalogne, où ENDESA doit mettre en oeuvre un plan d'investissement colossale pour assurer une distribution d'électricité sûre et adéquate.
L'Europe énergétique, c'est plusieurs sujets :
- la production : on en revient à la question des énergies renouvelables. Personnellement, je suis très réservé sur l'éolien qui abîme nos paysages, et qui ne produit pas l'électricité suffisante pour une population. Je penche vers le solaire.
- le transport et la distribution : il est temps de construire un réseau électrique européen qui fonctionne et qui puisse éviter les grandes pannes telles que celles qui ont eu lieu ces dernières années en Allemagne, en Italie ou en Espagne. La France a le meilleur maillage en terme de réseau, mais tout cela est fragile. Il faut une concertation européenne afin d'avoir un réseau européen adapté
- les énergies dans nos logements : aujourd'hui, il s'avère que les logements peuvent s'auto-suffire en production d'énergie : panneaux solaires dans les maisons, mise en stock de chaleur pour le chauffage et l'eau chaude, le principe des "maisons chauffantes" en Suède qui semblent bien fonctionner... Il faut que l'Europe lance deux types de mesures : un pour faciliter la mise en place de tels systèmes auprès des particuliers et des bailleurs (et seul un vaste plan européen est possible), et un second pour accélérer la recherche afin de trouver de nouveaux systèmes et innover.
La question énergétique est un enjeu fondamental pour la planète. L'Europe peut être à l'avant garde à condition que les Etats acceptent de mettre en commun cette prérogative et acceptent d'y allouer les moyens nécessaires : ce n'est pas un coût supplémentaire, c'est un investissement vital.
Ecrit par : Laurent | 18.03.2008
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