24.01.2008

Dans la boîte à outils

Voici quelques arguments bien pesés pour convaincre les gens des bénéfices du Traité de Lisbonne. Ils nous viennent d’un pionnier de la construction européenne, particulièrement compétent, et bien informé : le Mouvement Européen (en l’occurrence, sa branche française).
Vous trouverez ici le résumé de quelques-uns de ses arguments. Pour approfondir cette esquisse d’analyse, n’hésitez pas à consulter son site : www.mouvement-europeen.eu

Le premier argument ne souffre que des objections oiseuses : comment contester que le nouveau traité est plus opérationnel ? Le précédent traité, celui de Nice, ne permettait guère d’agir à 15… Partout, on reconnaît que le Traité de Lisbonne pourra assurer le bon fonctionnement d’une union à 27. Ceux qui ne tolèrent que la perfection chez les autres seront certes déçus, une fois de plus. Ceux qui aiment les progrès réels se réjouissent déjà des améliorations sensibles qu’apporte ce Traité.

Certains anti-européens ont l’honnêteté de déclarer qu’ils rejettent Lisbonne parce qu’ils ne veulent pas d’Europe. D’autres n’ont pas cette franchise. Ils se présentent comme des Européens intransigeants à leur manière : ils prétendent connaître le secret d’une Europe bien meilleure, pour ainsi dire presque parfaite. En attendant, ils refusent les améliorations du Traité de Lisbonne au motif qu’elles sont bêtement concrètes. Ils préfèrent donc l’Europe telle que le Traité de Nice l’a faite : tantôt en crise, tantôt au ralenti.

Or, l’Union Européenne est faite non seulement pour agir, mais pour agir là où les Etats ne suffisent plus. Ces dossiers-là, ces grandes questions qui nous engagent tous, sont loin d’être de rarissimes exceptions. Croissance, sécurité, changement climatique, énergie, relations avec les pays émergents, promotion dans le monde des valeurs et des intérêts qui nous rassemblent… Tout ce qui nous importe est à l’échelle de l’Europe. Le Traité de Lisbonne permet à l’Union de travailler, et de travailler là où elle seule peut réussir. Qui s’en plaindrait ?

Dans ce nouveau Traité, l’Union Européenne se donne à elle-même des responsabilités plus claires, et sur les grandes questions, pas sur la plomberie technocratique. Si ses opposants étaient si sûrs de son incapacité ou de sa perversité, ils laisseraient adopter le Traité de Lisbonne avec un sourire entendu : cette prise de responsabilités ne serait à leurs yeux qu’un geste d’inconscience, le top-départ d’une course à l’échec. Or, nous ne les voyons pas si tranquilles, les adversaires du Traité. Et si l’Europe se remet à marcher ? à résoudre de plus en plus de problèmes, et des problèmes de plus en plus importants ? C’est en tout cas à cela que l’Europe s’engage dans ce traité : il remet au premier plan la lutte contre le crime organisé, la coopération de police et de justice, la résorption des inégalités, la régulation de l’immigration, la promotion des services publics. La justice sociale devient un objectif de l’Union Européenne. Il n’y en a pas que pour les étudiants, les chercheurs et leurs employeurs — ce qui serait déjà quelque chose.

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